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Pommes au four à la pâte de spéculoos

La pâte de spéculoos. Certainement ce que la Belgique a fait de mieux depuis l’invention de la frite et Vive La Fête.

pommes au four à la pâte de spéculoos

Pour 6 personnes :

Préchauffer le four thermostat 6. Rincer les pommes. Les évider à l’aide d’un couteau pointu, d’un économe ou d’un évide-pomme, si on est particulièrement bien outillé. Ce qu’il faut avoir en tête au moment de l’opération, c’est que plus on creuse la pomme, plus il faudra mettre de pâte de spéculoos pour combler la cavité formée. La Nature a horreur du vide. À l’aide d’une petite cuillère, remplir les pommes de pâte de spéculoos. Ne pas y aller de main morte.

Mettre les pommes dans un plat et enfourner pour environ 40 à 50 minutes. À la sortie du four, les pommes sont molles, moches et ratatinées. Dans ce cas très précis, ce n’est pas l’apparence qui compte.

Déguster tiède ou froid.

On trouve de la pâte de spéculoos dans les grandes surfaces (mais visiblement plus au Super U d’Endoume). Et si on n’en trouve pas, on peut toujours rejoindre sur Facebook le groupe des amateurs de pâte de spéculoos, et , de rage, pourrir leur mur.

Poule au pot

La poule au pot, c’est sexy. 

poule au pot

Pour 4  personnes :

  • 1 belle poule d’1,6 kg
  • 8 carottes
  • 8 pommes de terre
  • 4 poireaux pas trop gros
  • 4 navets
  • 1 oignon
  • 3 gousses d’ail
  • 1 feuille de laurier
  • 4 clous de girofle
  • du gros sel
  • 1 noix de beurre (environ 20 g)
  • 1 cuillère à soupe de Maïzéna
  • 1 cuillère à soupe d’échalote hachée (surgelée, c’est très bien aussi)
  • 1 cuillère à soupe de crème fraiche épaisse
  • de la ciboulette
  • du sel et du poivre

Insérer voluptueusement les gousses d’ail et la feuille de laurier dans la poule. La plonger sans plus attendre dans un grand volume d’eau froide (au moins 3 ou 4 litres). Jeter négligemment une poignée de gros sel dans l’eau, ainsi que l’oignon épluché et piqué de clous de girofle. Porter à ébullition, couvrir et laisser cuire à petits bouillons pendant 1 heure 30.

Éplucher les carottes, les pommes de terre et les navets, rincer soigneusement les poireaux et couper l’extrémité verte. Ajouter les légumes et poursuivre la cuisson pendant encore 30 minutes environ.

Pendant ce temps, préparer la sauce : dans une casserole, faire suer les échalotes émincées dans le beurre. Quand elles sont blondes, ajouter la Maïzéna et laisser cuire quelques secondes sans cesser de remuer. Ajouter alors, toujours en mélangeant activement, une demie louche de bouillon de poule bien chaud. Laisser épaissir la sauce, en veillant à ce que des grumeaux ne se forment pas, et ajouter encore une grosse louche de bouillon. La sauce doit napper la cuillère. Ajouter alors la crème fraîche, saler, poivrer, et poursuivre la cuisson 2 minutes. Hors du feu, ajouter la ciboulette ciselée (ou surgelée). Réserver au chaud.

Au terme d’environ 2 heures de cuisson, la poule est cuite. La servir avec les légumes et la sauce et déguster sans attendre. Le bouillon peut lui aussi être servi, à part.

Si la poule a été cuite la veille, le bouillon pourra facilement être dégraissé car une fois froid, le gras se fige, ce qui n’est pas évident à dire.

On peut faire cuire des pâtes à potage (de type “plombs”, “alphabet” ou “vermicelles”) dans le bouillon, c’est régressif et vraiment bon.

Ce même bouillon peut être utilisé pour la cuisson “classique” du riz, et même servir de base à un risotto.

Il n’est pas nécessaire de préciser qu’après une bonne poule au pot, l’ambiance devient facilement très, très chaude.

Confiture de méréville au poivre long & à la vanille

L’un des principes fondamentaux d’une amap consiste à refourguer à ses adhérents des fruits et des légumes embarrassants. Il n’est pas question ici des ribambelles de  laitues ou des quintaux de patates qui s’abattent sur le-dit adhérent dès les premiers frimas. Non, ça, ce sont des denrées simples à exploiter, familières et rassurantes. Par “embarrassants”, il faut entendre obscurs, à l’apparence ingrate, et qui suscitent invariablement perplexité et inquiétude au moment d’en tirer quelque chose de comestible. Quelqu’un sait-il, par exemple, ce que l’on peut faire d’un chou rave, à part, bien entendu, attendre lâchement qu’il meure de sa belle mort dans les tréfonds du bac à légumes ? De toute évidence, personne. Eh bien, la courge gigérine, parfois appelée courge barbarine (il n’y a pas de mystère), est du même acabit. La seule manière de l’accommoder est de la confire longuement dans le sucre. Ce n’est qu’à ce prix qu’elle se laisse déguster, transmuée en une merveilleuse veloutine ambrée.

confiture de méréville

Pour 6 pots :

  • 2 kg de pastèque à confiture pelée et épépinée (soit environ 2,5 kg avant transformation)
  • 1,5 kg de sucre cristal
  • 2 citrons non traités
  • 1 gousse de vanille
  • 3 baies de poivre long
  • beaucoup, beaucoup de temps libre

La première étape est une épreuve physique : il faut, à l’aide d’un gros couteau (voire d’une machette) éventrer la courge. C’est cruel, mais c’est ainsi. C’est d’une bonne dose de patience qu’il convient de s’armer pour la suite. Parce qu’à partir de là, la réalisation de la confiture va s’étaler sur près de 48 heures. C’est toujours bon à savoir avant de se lancer dans une telle entreprise. Donc, à l’aide du couteau, tronçonner la courge, ôter la peau et les nombreux pépins. Détailler la chair en tout petits cubes (1/2 cm environ), ou confier cette tâche vraiment ingrate à quelqu’un d’autre. Peser les cubes de courge : au bout d’une heure de labeur, il doit y en avoir 2 kg. Laver les citrons et les couper en très fines rondelles, ôter les pépins. Dans une très grande sauteuse, un wok à fond épais ou une bassine à confiture, verser les dés de courge, les rondelles de citron, le sucre, les grains de poivre brisés en deux. Fendre la gousse de vanille puis la couper en 6 morceaux. Ajouter la vanille au reste de la préparation et mélanger intimement. Laisser macérer 24 heures, ou au moins une nuit.

À ce stade, la courge a rendu beaucoup d’eau. Faire cuire à petits bouillons pendant au moins 1 h 30. La préparation doit prendre une consistance sirupeuse et une couleur dorée, les dés de courge deviennent translucides. Laisser refroidir et reposer, si possible jusqu’au lendemain. Pendant ce temps, vaquer à ses occupations.

Reprendre la cuisson au moins 1/2 heure. La confiture est prête quand, déposée sur un récipient froid, elle se fige. Si ce n’est pas le cas, il faut poursuivre la cuisson. Pendant ce temps, porter un gros volume d’eau à ébullition dans une marmite ou une grande casserole et y plonger les pots ainsi que leurs couvercles.  Au bout de quelques minutes, sortir les pots et les mettre à l’envers sur un torchon propre, avec les couvercles. Laisser sécher.

Mettre la confiture brûlante dans les pots, en répartissant correctement la vanille, le poivre et le citron. Fermer soigneusement les pots et les retourner, le temps que la confiture refroidisse complètement.

En Provence, la courge gigérine (ou citre), est appelée méréville.