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Risotto aux fanes de radis & aux noisettes

Ces dernières semaines, certain(e)s se sont dévoué(e)s corps et âme à la relance de l’économie : achats de denrées passablement onéreuses en vue d’agapes de fin d’année (la trufficulture c’est de l’agriculture, et l’agriculture va mal, ma bonne dame), d’escarpins à l’utilité quelque peu discutable par grand froid, de moult billets de train et/ou d’avion, parce que c’est moche, mais la récession touche aussi le secteur tertiaire.

Le dommage collatéral immédiat de ce Plan Marshall un poil trop ambitieux, c’est de se retrouver sans un radis à la fin du mois. Les plus prévoyants auront pris soin d’en conserver les fanes et pourront se délecter d’un succulent risotto, crémeux et raffiné. Découvert bancaire ne rime pas forcément avec pommes de terre.

risotto aux fanes de radis et noisettes

Pour 4 personnes :

  • les fanes de 2 bottes de radis bio
  • 250 g de riz rond, si possible de type Arborio ou Carnaroli (mais un bête riz pour dessert fait également très bien l’affaire)
  • 1 litre de bouillon de légumes (maison ou réalisé avec 2 cubes de la marque Rapunzel)
  • 80 g d’échalotes hachées
  • 70 g de noisettes entières
  • 60 g de mascarpone (soit 2 cuillères à soupe)
  • 4 cuillères à soupe de vin blanc
  • 30 g de beurre salé
  • un peu d’huile de noisettes
  • du sel et du poivre

Laver très soigneusement les fanes des radis (elles sont souvent pleines de terre). Les sécher et les hacher à l’aide d’un couteau.Hacher grossièrement les noisettes (à l’aide d’un blender) et les faire griller à sec quelques minutes dans une poêle. Attention, elles ne doivent pas noircir.

Mettre le bouillon à chauffer dans une casserole. Dans une grande poêle ou une sauteuse à fond épais, faire revenir les échalotes dans le beurre, sans coloration. Laisser suer 5 minutes en remuant régulièrement puis ajouter le riz. Mélanger quelques minutes, jusqu’à ce que les grains deviennent légèrement translucides, et verser le vin blanc. Attendre l’évaporation avant d’ajouter environ ¼ du bouillon. Mélanger de temps en temps. Quand le riz a totalement absorbé le bouillon, ajouter la même quantité de bouillon et procéder de même jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’¼ du liquide dans la casserole. Mêler alors les fanes de radis hachées au riz et ajouter peu à peu le reste de bouillon (il faut ajuster la quantité de liquide en fonction de la cuisson du riz : s’il est suffisamment cuit, il ne faut pas ajouter la totalité du bouillon). Mélanger intimement le mascarpone au risotto. Arrêter la cuisson. Saler si nécessaire et poivrer.

Servir immédiatement en répartissant les noisettes torréfiées sur le risotto. Verser quelques gouttes d’huile de noisettes avant de déguster.

Le coût de revient de ce risotto est d’environ 1 euro par personne. Et les 4′54 minutes de détente et de dépaysement bucoliques, c’est cadeau.

Clam chowder

Cette succulente soupe crémeuse au nom, certes, peu évident à prononcer, est  originaire de  Nouvelle-Angleterre comme John Fitzgerald Kennedy, PolaroïdGilette (la perfection au masculin, quand même) ainsi que les prestigieuses universités de Yale, d’Harvard et de Cambridge. Pas étonnant, donc, qu’elle ait naturellement la classe.

clam chowder

Pour 4 personnes en plat unique (6 si c’est une entrée) :

  • 1 kg de palourdes
  • 400 g de pommes de terre à chair ferme
  • 2 branches tendres de céleri, près du cœur ( environ 100 g)
  • 2 oignons
  • 100 g de fines tranches de pancetta
  • 25 cl de crème fluide légère
  • 10 cl de vin blanc
  • 30 g de beurre
  • 1 cuillère à soupe de farine
  • du poivre moulu

Faire tremper les palourdes 1/2 heure dans l’eau froide. Pendant ce temps, éplucher les pommes de terre et les faire cuire à la vapeur ou à l’eau. Elles doivent rester très fermes. Rincer le céleri et le détailler en julienne. Émincer finement les oignons et la pancetta.

Mettre les palourdes dans une sauteuse avec le vin blanc, couvrir et faire ouvrir les coquillages à feu vif (environ 5 minutes). Laisser refroidir et retirer les palourdes de leur coquille. Filtrer et réserver le jus rendu par les coquillages. Hacher grossièrement la chair des palourdes.

Faire revenir les oignons et le céleri dans le beurre. Laisser blondir puis ajouter la pancetta émincée. Laisser cuire à couvert et à feu doux pendant quelques minutes, jusqu’à ce que l’ensemble compote. Ajouter alors la farine en remuant avec une cuillère en bois. Poursuivre la cuisson quelques instants et verser le jus des coquillages et 1/2 litre d’eau.

Couper les pommes de terre cuites en dés et les ajouter dans la sauteuse. Verser la crème et poursuivre la cuisson une dizaine de minutes. Ajouter la chair des palourdes et laisser frémir à feu doux pendant environ 5 minutes. Poivrer. Normalement, il n’est pas nécessaire de saler.

Servir très chaud.

Pour ceux qui auraient la flemme, Campbell’s propose une Clam Chowder (médiocre) en conserve. Encore faut-il la trouver en France.

Tourte aux blettes & à la menthe ( façon galette des Rois )

Et la santé, surtout.

tourte aux blettes et à la menthe

Pour 6 personnes :

  • 2 rouleaux de pâte feuilletée pur beurre
  • 2 ou 3 bottes de blettes
  • 3 oignons paille
  • 1 bouquet de menthe
  • 1 jaune d’œuf
  • 3 cuillères à soupe d’huile d’olive
  • du sel et du poivre

Laver et trier les blettes. Détacher la partie verte, conserver les côtes pour un autre usage (un gratin, par exemple). Cuire à la vapeur (ou blanchir dans une casserole d’eau bouillante) les feuilles de blettes. Une fois cuites, les égoutter soigneusement.

Émincer les oignons et les faire blondir dans une sauteuse avec l’huile d’olive. Lorsqu’ils ont légèrement coloré (au bout d’une dizaine de minutes),  ajouter les feuilles de blettes au préalable hachées grossièrement. Saler et poivrer généreusement. Laisser cuire quelques minutes à feu doux. Éffeuiller le bouquet de menthe. Laver et sécher les feuilles dans du papier absorbant. les ciseler dans la sauteuse. La menthe perd son parfum en cuisant, il faut donc l’ajouter au dernier moment, juste avant de cesser la cuisson. Laisser refroidir.

Étaler la pâte feuilletée dans un moule à tarte suffisamment grand. Garnir la pâte du mélange blettes/oignons/menthe en le répartissant correctement. Recouvrir avec le deuxième rouleau de pâte. Pincer les rebords pour souder hermétiquement les deux pâtes.

Tremper un pinceau réservé à cet usage dans le jaune d’œuf. En l’absence de pinceau, des doigts propres peuvent faire l’affaire. Enduire méthodiquement la pâte de jaune d’œuf. Découper un petit morceau de carton (dans l’emballage de la pâte feuilletée, par exemple), et le rouler en cylindre. Enfoncer le cylindre de carton au centre de la tourte, de manière à former une cheminée.

Enfourner pour une trentaine de minutes dans un four préchauffé thermostat 6 (180 °C). Regarder la pâte dorer.

NB : en insérant une fève (ou tout autre petit objet non contondant et peu susceptible d’être avalé de travers . Néanmoins, si cela devait se produire, voici un rappel en images de la manœuvre de Heimlich, spécialement conçu pour les épileptiques) dans la garniture avant de la recouvrir du 2e rouleau de pâte feuilletée, on obtient une galette des Rois légère, alternative et décalée. Totalement 2010, donc.

Cette recette participe au concours À Vos Casseroles # 23.