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Won-ton au potiron & à la sauge

Noël n’est pas une fatalité. Quelques simples précautions appliquées rigoureusement permettent d’y survivre sans trop de dommages :

  1. bannir les enfants de son entourage proche. C’est la base.
  2. Éviter soigneusement  les centres commerciaux, les marchés de Noël  et leurs cabanes en bois d’inspiration lapone, et tous les lieux qui diffusent du Tino Rossi et des chants d’enfants agrémentés de grelots.
  3. S’habiller en noir. Faire semblant d’aller mal. S’il le faut, simuler la dépression (écouter Show de Beth Gibbons aide, incontestablement).
  4. Militer ostensiblement contre le gavage des oies. Fabriquer son propre foie gras végétal et l’offrir à ses collègues de travail, sans sourciller.
  5. Si possible, partir. Loin.
  6. Surtout, ne pas aller chez Ikéa. Sous aucun prétexte. Les bougies chauffe-plat, on peut les acheter ailleurs.
  7. Ne rien cuisiner à base de dinde, de cannelle, de saumon ou de truffe. Continuer envers et contre tous à manger de la courge. De toute façon, en cette saison, il n’y a que ça (et des blettes) dans le panier de l’ AMAP.

raviolis à la courge

Pour 4 personnes :

  • 600 g de potiron
  • 30 g de poudre de noisette
  • 2 cuillères à soupe d’échalotes hachées (surgelées)
  • 1 paquet de pâtes à won-ton
  • 1 cuillère à soupe d’huile d’olive
  • du sel et du poivre
  • 50 g de beurre salé
  • quelques feuilles de sauge
  • 2 cubes de bouillon de légumes

Enlever la peau et les graines du potiron. Le détailler en cubes et le faire cuire à la vapeur jusqu’à ce qu’il soit très tendre. Quand il est cuit, écraser finement le potiron en ôtant l’excès d’eau.

Dans une sauteuse ou une grande poêle, faire suer les échalotes dans l’huile d’olive. Ajouter le potiron écrasé et laisser évaporer le maximum d’eau afin qu’il “sèche”. Incorporer la poudre de noisette, saler et poivrer. Laisser refroidir.

Garnir le centre de chaque feuille de won-ton d’une noisette de farce. Mouiller la bordure de la feuille à l’aide d’un pinceau (ou d’un doigt) trempé dans de l’eau. Plier la feuille en diagonale, de manière à obtenir un ravioli de forme triangulaire. Chasser l’air en plaquant bien la feuille sur la farce, sans pour autant l’étaler. Souder les bordures de la feuille en la repliant et en appuyant fortement sur le petit rebord ainsi formé. Le ravioli doit être hermétiquement fermé, faute de quoi il se vide de sa substance en cuisant, ce qui peut avoir des conséquences désastreuses sur le moral. Répéter l’opération jusqu’à épuisement de la farce (et du cuisinier). Entreposer les ravioli à plat, en une seule couche, sur un plateau saupoudré de Maïzena (ou de farine). On doit obtenir environ 3 douzaines de ravioli.

Dans une petite casserole, faire fondre le beurre coupé en dés. Ajouter les feuilles de sauge qui doivent infuser dans le beurre quelques minutes à feu très doux. Réserver ce beurre à la sauge.

Faire bouillir 2 litres d’eau dans une casserole. Y jeter les cubes de bouillon. Quand le bouillon est dissout, y plonger une dizaine de ravioli et laisser cuire 1 à 2 minutes. Retirer les ravioli à l’aide d’une écumoire, les réserver  au chaud dans un plat et les napper d’un peu de beurre à la sauge. Procéder ainsi jusqu’à ce que tous les ravioli soient cuits. Verser une louche de bouillon de légumes très chaud, ainsi que le reste de beurre à la sauge sur les ravioli. Saler et poivrer si nécessaire. Déguster sans attendre, avec des baguettes, une fourchette ou avec les doigts.

On trouve la pâte à won-ton dans les épiceries asiatiques (qui ont le mérite de ne pas saouler leurs clients avec des chants de Noël), par exemple chez Tam-Ky.

Pour une recette beaucoup plus “esprit de Noël” (et beaucoup plus classe, aussi), c’est chez Dada que ça se passe.

Daube de joue de bœuf

Avant un premier repas en tête à tête, il est pertinent de se demander quel plat servir pour emballer à coup sûr. Eh bien, la daube de joue de bœuf est toute indiquée. Elle présente l’intérêt non négligeable de ne pas demander de préparations hasardeuses et compliquées (ce qui est fort appréciable quand on rencontre des difficultés de concentration et une sudation excessive au niveau des mains à quelques heures d’un rendez-vous amoureux), elle mijote doucement et laisse le temps de se focaliser sur une sélection musicale appropriée à la situation. Évidemment, les plus hardi(e)s peuvent servir de la langue ou de la queue de bœuf. C’est un parti pris.

Novembre est traditionnellement le mois des produits tripiers (cette information risque de réconcilier un paquet de gens avec le mois de novembre). La recette suivante concourt dans le cadre du Grand Défi Tripier 2009, et pour voter pour elle, c’est ici que ça se passe.

daube de joue de boeuf

Pour 6 personnes ( ou trois rencards) :

  • 1,4 kg de joue de bœuf (2 joues)
  • 200 g de poitrine fumée
  • 2 oignons jaunes
  • 250 g de carottes
  • 4 gousses d’ail
  • 1 cuillère à soupe de double concentré de tomate
  • 1 ou 2 feuilles de laurier
  • 5 clous de girofle
  • 10 grains de poivre
  • 1 cuillère à soupe de fécule de maïs (ou de farine de blé)
  • 1 bouteille de vin rouge
  • 2 cuillères à soupe d’huile d’olive
  • du sel

Couper les joues en gros dés (d’environ 80 g). Émincer en fines rondelles carottes et oignons. Enlever la peau des gousses d’ail et les écraser avec le plat d’un couteau.

Faire mariner toute une nuit les dés de viande avec l’ail, l’oignon, les carottes, le laurier, le poivre, les clous de girofle et le vin. Ne pas oublier de saler.

Détailler la poitrine en allumettes. Faire revenir ces allumettes dans une cocotte avec un peu d’huile d’olive. Pendant ce temps, retirer les dés de joue de la marinade, à l’aide d’une écumoire. Bien les égoutter. Faire revenir les cubes de bœuf avec la poitrine fumée environ 10 minutes, le temps qu’ils brunissent. Ajouter la fécule ou la farine, mélanger afin d’enrober la viande.

Retirer les dés de bœuf et la poitrine de la cocotte, et réserver dans un plat. Remettre un peu d’huile dans la cocotte, y faire revenir l’oignon, l’ail et la carotte retirés de la marinade à l’aide d’une écumoire. Laisser suer une dizaine de minutes.

Ajouter la viande réservée dans le plat, le vin de la marinade (en essayant d’ôter 2 ou 3 clous de girofles, sinon c’est un peu fort en goût),et le concentré de tomate. Porter à ébullition. Mouiller à hauteur avec de l’eau, afin que la viande soit recouverte de liquide. Saler. Couvrir et baisser le feu au minimum.

Laisser cuire 3 heures à couvert et à feu très doux. Remuer de temps à autres.

Servir (le lendemain c’est meilleur) avec de la polenta ou de grosses pâtes en forme de coquillages au nom imprononçable.  Ou avec des penne.

Prévoir du fil interdentaire à profusion.

Wok de petites racines

Dumè et Nawal organisent tous les mois un chouette concours photographique culinaire ET littéraire. Ce mois-ci, les champignons sont à l’honneur. Tous les champignons. À l’exclusion, bien entendu, des mycoses dermatologiques et gynécologiques. Quoique.

Et sinon, on en fait quoi de ces racines moches et terreuses qui trainent au fond du panier de l’AMAP ?

wok de petites racines

Pour 4 personnes :

  • une botte de radis
  • une botte de petits navets
  • une botte de toute petites carottes
  • quelques topinambours
  • quelques petits radis noirs
  • de l’huile d’olive
  • un peu de fleur de sel
  • poivre moulu

Ôter le maximum de terre sur les racines. Nettoyer soigneusement les racines sous l’eau en utilisant si possible une petite brosse . Les couper en morceaux de taille à peu près identique, pas trop petits.

Dans un grand wok (l’usage de celui de la série Jamie Oliver pour Téfal provoque d’intenses moments de  béatitude), faire chauffer un peu d’huile d’olive. Quand l’huile est bien chaude, jeter les racines dans le wok et les laisser cuire à feu vif 10 à 15 minutes. Remuer régulièrement à l’aide d’une cuillère en bois pour ne pas rayer le wok. Les racines doivent demeurer croquantes.

Assaisonner avec le poivre moulu et la fleur de sel, et rien d’autre. Le retour aux racines a du bon.