Won-ton au potiron & à la sauge
Noël n’est pas une fatalité. Quelques simples précautions appliquées rigoureusement permettent d’y survivre sans trop de dommages :
- bannir les enfants de son entourage proche. C’est la base.
- Éviter soigneusement les centres commerciaux, les marchés de Noël et leurs cabanes en bois d’inspiration lapone, et tous les lieux qui diffusent du Tino Rossi et des chants d’enfants agrémentés de grelots.
- S’habiller en noir. Faire semblant d’aller mal. S’il le faut, simuler la dépression (écouter Show de Beth Gibbons aide, incontestablement).
- Militer ostensiblement contre le gavage des oies. Fabriquer son propre foie gras végétal et l’offrir à ses collègues de travail, sans sourciller.
- Si possible, partir. Loin.
- Surtout, ne pas aller chez Ikéa. Sous aucun prétexte. Les bougies chauffe-plat, on peut les acheter ailleurs.
- Ne rien cuisiner à base de dinde, de cannelle, de saumon ou de truffe. Continuer envers et contre tous à manger de la courge. De toute façon, en cette saison, il n’y a que ça (et des blettes) dans le panier de l’ AMAP.

Pour 4 personnes :
- 600 g de potiron
- 30 g de poudre de noisette
- 2 cuillères à soupe d’échalotes hachées (surgelées)
- 1 paquet de pâtes à won-ton
- 1 cuillère à soupe d’huile d’olive
- du sel et du poivre
- 50 g de beurre salé
- quelques feuilles de sauge
- 2 cubes de bouillon de légumes
Enlever la peau et les graines du potiron. Le détailler en cubes et le faire cuire à la vapeur jusqu’à ce qu’il soit très tendre. Quand il est cuit, écraser finement le potiron en ôtant l’excès d’eau.
Dans une sauteuse ou une grande poêle, faire suer les échalotes dans l’huile d’olive. Ajouter le potiron écrasé et laisser évaporer le maximum d’eau afin qu’il “sèche”. Incorporer la poudre de noisette, saler et poivrer. Laisser refroidir.
Garnir le centre de chaque feuille de won-ton d’une noisette de farce. Mouiller la bordure de la feuille à l’aide d’un pinceau (ou d’un doigt) trempé dans de l’eau. Plier la feuille en diagonale, de manière à obtenir un ravioli de forme triangulaire. Chasser l’air en plaquant bien la feuille sur la farce, sans pour autant l’étaler. Souder les bordures de la feuille en la repliant et en appuyant fortement sur le petit rebord ainsi formé. Le ravioli doit être hermétiquement fermé, faute de quoi il se vide de sa substance en cuisant, ce qui peut avoir des conséquences désastreuses sur le moral. Répéter l’opération jusqu’à épuisement de la farce (et du cuisinier). Entreposer les ravioli à plat, en une seule couche, sur un plateau saupoudré de Maïzena (ou de farine). On doit obtenir environ 3 douzaines de ravioli.
Dans une petite casserole, faire fondre le beurre coupé en dés. Ajouter les feuilles de sauge qui doivent infuser dans le beurre quelques minutes à feu très doux. Réserver ce beurre à la sauge.
Faire bouillir 2 litres d’eau dans une casserole. Y jeter les cubes de bouillon. Quand le bouillon est dissout, y plonger une dizaine de ravioli et laisser cuire 1 à 2 minutes. Retirer les ravioli à l’aide d’une écumoire, les réserver au chaud dans un plat et les napper d’un peu de beurre à la sauge. Procéder ainsi jusqu’à ce que tous les ravioli soient cuits. Verser une louche de bouillon de légumes très chaud, ainsi que le reste de beurre à la sauge sur les ravioli. Saler et poivrer si nécessaire. Déguster sans attendre, avec des baguettes, une fourchette ou avec les doigts.
On trouve la pâte à won-ton dans les épiceries asiatiques (qui ont le mérite de ne pas saouler leurs clients avec des chants de Noël), par exemple chez Tam-Ky.
Pour une recette beaucoup plus “esprit de Noël” (et beaucoup plus classe, aussi), c’est chez Dada que ça se passe.


