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Tomate con pan

Paul le poulpe, nouvelle pythie céphalopode, a eu du nez.  L’Espagne est championne du monde de football, au détriment de l’autre pays du fromage. Voici donc la réinterprétation d’une recette typiquement catalane, le fameux “pan con tomate”, mais avec plus de tomate et moins de pain, parce que les féculents ça fait gonfler l’abdomen, et que de toutes façons, c’est la saison de la tomate, pas du pain.

Un grand merci à Paulo. Il eut été nettement moins aisé de fourguer une recette à base de mimolette.

tomate con pan

Pour 2 personnes :

  • 1 grosse tomate cœur de bœuf
  • du pain grillé
  • 1 gousse d’ail
  • de l’huile d’olive
  • de la fleur de sel
  • du poivre
  • des anchois à l’huile ou du jambon Serrano. Objectivement, les anchois c’est mieux.

Couper la tomate en cubes. Frotter les tranches de pain grillé avec la gousse d’ail. Briser en morceaux le pain et le répartir sur les cubes de tomate. Saupoudrer de fleur de sel et de poivre moulu. Arroser généreusement d’huile d’olive. Ajouter des filets d’anchois ou de fines tranches de jambon déchirées avec les doigts. Mélanger et servir sans attendre, si possible avec una cerveza, por favor.

Salade de nouilles soba et wakame

Roland Barthes explique dans L’empire des signes qu’ “[...] aucun plat japonais n’est pourvu d’un centre (centre alimentaire impliqué chez nous par le rite qui consiste à ordonner le repas, à entourer ou à napper les mets) ; tout y est ornement d’un autre ornement : d’abord parce que sur la table, sur le plateau, la nourriture n’est jamais qu’une collection de fragments, dont aucun n’apparaît privilégié par un ordre d’ingestion : manger n’est pas respecter un menu (un itinéraire de plats), mais prélever, d’une touche légère de la baguette, tantôt une couleur, tantôt une autre, au gré d’une sorte d’inspiration qui apparaît dans sa lenteur comme l’accompagnement détaché, indirect, de la conversation (qui peut être, elle-même, fort silencieuse) [...]“.

Érotiser simultanément la sémiotique et la nourriture japonaise… Il est vraiment trop fort, Roland.

salade de nouilles soba

Pour 1 personne :

  • 100 g de nouilles soba
  • des algues wakamé déshydratées (quelques grammes suffisent)
  • ½ concombre (si possible de variété noa)
  • de la ciboulette (fraîche ou surgelée)
  • 1 cuillère à soupe de sauce soja Kikkoman
  • 1 cuillère à soupe d’huile de sésame
  • 1 pincée de nanami (facultatif)

Faire cuire les nouilles soba dans l’eau bouillante salée entre 5 et 8 minutes. Égoutter et passer sous l’eau froide afin de les rafraîchir. Égoutter de nouveau.

Couper le tronçon de concombre en quatre, dans le sens de la longueur. Ôter les graines et émincer finement chaque morceau. Saler les lamelles de concombre et les laisser dégorger quelques minutes dans une passoire. Rincer et égoutter le concombre.

Réhydrater les algues wakamé dans de l’eau chaude. Il faut se méfier de l’algue wakamé qui, lorsqu’elle est déshydratée, n’a vraiment l’air de rien. En revanche, une fois plongée dans l’eau, elle se déploie et voit son volume tripler. Une sorte de monstroplante, en somme. Égoutter les algues, les passer sous l’eau froide et égoutter de nouveau.

Dans un bol, verser l’huile de sésame et la sauce soja. Y ajouter les nouilles soba. Mélanger soigneusement afin d’enduire les nouilles de sauce. Ajouter les algues et les lamelles de concombre, puis la ciboulette. Assaisonner avec un peu de nanami, ou à défaut, avec une pincée de piment de Cayenne (ou de poivre noir). Mélanger une dernière fois avant de déguster.

Customisation envisageable : des oignons frits, de la chair de crabe, des crevettes, des lamelles de poulet, de la courgette jaune crue râpée, des pois gourmands, des asperges …

Les nouilles soba sont de longues pâtes japonaises au sarrasin. On en trouve dans les épiceries asiatiques et les magasins bio.

Le nanami est un mélange de piment, d’écorce d’orange, de graines de sésame et de gingembre. Subtilement hot, un peu comme Roland Barthes.

Salade de pot-au-feu

Une recette à mi-chemin entre le plat réconfort d’hiver et les premières salades printanières. Elle illustre à merveille l’expression “avoir le cul entre deux chaises”.

salade de pot au feu

Pour 1 assiette :

  • 80 g de viande froide cuite en pot-au feu
  • 1 pomme de terre, elle aussi issue du pot-au-feu
  • 1 carotte (idem)
  • 1 poignée de roquette
  • 1 gros cornichon malossol (ou 2 petits cornichons)
  • 1 cuillère à café de câpres
  • 2 rondelles d’oignon rouge
  • de l’huile d’olive
  • du vinaigre balsamique
  • 1 cuillère à soupe de moutarde à l’ancienne
  • fleur de sel et poivre noir

Couper la viande froide en cubes, ainsi que la pomme de terre. Détailler la carotte en rondelles. Émincer l’oignon rouge et les cornichons.

Dans une assiette, déposer une poignée de roquette puis tous les éléments de la salade. Ne pas oublier les câpres. Arroser de vinaigrette (réalisée en mélangeant la moutarde à l’huile et au vinaigre) et assaisonner copieusement.

Mélanger et déguster.

Comme le hachis parmentier, cette salade a pour base les restes d’un pot-au feu.

Belle lurette a momentanément le cul entre deux chaises, le rythme des publications risque de prendre un léger coup dans l’aile.