Salade de pommes de terre pour feignasses
Dimanche dernier, les options étaient au nombre de trois :
- s’armer de sa carte d’électeur et accomplir son devoir de citoyen en affrontant l’ambiance morose du bureau de vote de sa circonscription
- s’armer d’un bouquet de fleurs (d’un poème/d’un collier de nouilles/d’un gâteau au yaourt home made) et accomplir son devoir filial en affrontant gigot-flageolets-profiteroles, spécial fête des Mères, qui transforment la digestion en une épreuve de fond
- s’armer de son nécessaire à pique-nique, garni d’une délicieuse et très digeste salade de pommes de terre et d’une poignée de fraises. Ne rien accomplir du tout du tout. Affronter régulièrement la file d’attente de la buvette pour se ravitailler en boissons fraîches. A l’occasion, risquer un déhanché lascif face à la Sainte Victoire.
Les fils indignes dénués de tout sens civique ont choisi leur camp.

Pour une lunch-box, préparée en deux temps trois mouvements :
- 1 kilo de pommes de terre nouvelles à chair ferme, type ratte.
- 1 oignon tige (cébette) ou une petite botte de ciboulette
- de l’huile d’olive
- le jus d’un citron
- du sel et du poivre
Faire cuire les pommes de terre, de préférence à la vapeur. Elles doivent rester fermes. Une fois tièdes, les peler et les couper en morceaux de taille moyenne. Couper l’oignon tige en fines rondelles (ou ciseler la ciboulette). L’ajouter aux pommes de terre, qu’il faudra assaisonner d’huile d’olive et de jus de citron. Saler et poivrer. Dans cette salade, c’est l’assaisonnement qui fait tout, il faut le savoir. Déguster tiède, vautré dans l’herbe.
Que ceux qui se voient rongés de remords, accablés par leur mauvaise conscience se rassurent. Ils pourront toujours se faire pardonner leur incartade champêtre dimanche prochain : c’est la fête des Pères.


