Garde-manger
Nem chua
Soigneusement emballé dans un joli papier rose dragée, le nem chua cache bien son jeu. A première vue, il ressemble à une inoffensive friandise exotique. Mais sous l’emballage se dissimule en réalité une substance férocement addictive, bien qu’a priori peu engageante : une boulette de viande et de couenne de porc fermentées et assaisonnées d’épices diverses (et relevées de E621, E252, E300, E3001 et E120, c’est ce qui est écrit sur l’étiquette), dans laquelle viennent insidieusement se loger un morceau d’ail et de piment. Sur l’étiquette, il est également indiqué que cette spécialité vietnamienne se fait cuire quelques minutes et se déguste accompagnée de vermicelle et de feuilles de menthe. En réalité, le nem chua prend toute sa dimension gobé tout cru ( au préalable, il est plus sage de déloger du bout de l’ongle l’ail et le piment), pour caler un petit creux, à l’heure de l’apéritif où il se substitue avec bonheur au traditionnel saucisson sec, et peut même, pour les plus téméraires, faire office de petit-déjeuner.

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Mélasse de grenade
Être dans la mélasse aurait du bon. Parce que cette mélasse-là, c’est pas loin d’être la panacée. Entre autres vertus, elle augmente la libido en luttant contre les troubles de l’érection ; en gargarisme, elle soigne les toux persistantes ; elle est efficace en cas de fièvre, de diarrhée, de colique et peut aussi servir de vermifuge (la question est de savoir comment). Tout un programme. Le simple fait d’en posséder un flacon dans son garde-manger éloignerait les démons de l’enfer. A part ça, certains la cuisinent. C’est quand même un peu particulier. L’aspect brunâtre n’est pas très engageant. Evidemment, au bout de quelques utilisations, la bouteille devient ultra-poisseuse, façon papier tue-mouches. La mélasse de grenade est plutôt acide, très peu sucrée (rien à voir avec le sirop de grenadine) et s’utilise finalement assez bien comme condiment (un peu comme du vinaigre balsamique), pour assaisonner une salade de fruits ou un smoothie. Et si on la mélange simplement à de l’eau glacée (sucrée au sirop d’agave et agrémentée d’une lichette d’eau de rose), elle donne une boisson merveilleusement rafraîchissante, certes plus austère que le susdit sirop de grenadine, mais au moins aussi bienfaisante qu’une rasade d’eau bénite en provenance directe de la grotte miraculeuse de Lourdes. Et tout ça pour la modique somme de 2,90 euros, chez Arax.

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Salade de museau de M. Payany
Avant de se lancer, mieux vaut éviter d’avoir visionné Babe, le cochon devenu berger. Pendant, surtout surtout ne pas se demander si c’est le groin, la joue ou l’oreille de l’animal qu’on est en train de mastiquer avec délice. Le mieux est de se délecter à même la barquette, seul, en oubliant qu’à une époque pas si lointaine , on a été végétarien. Cette salade n’a rien de commun avec celles que l’on trouve habituellement sous la même dénomination, et qui sont constituées de petits carrés rosâtres amalgamés par une médiocre gélatine et agrémentés de bouts de cornichons. Dedans, il y a de vrais morceaux, un peu gras et caoutchouteux. Pas un truc de fillette, assurément, mais un festival de textures et de saveurs qui émoustillent la langue. De la lubricité en barquette. C’est à se demander si la papille gustative n’est pas une zone érogène à part entière…

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Tomates séchées

