Bo bùn

Allez, on remballe les Mon Chéri, les roses rouges et les déclarations dégoulinant d’amour, et  le 14 février on célèbre le début de l’année du Tigre de métal. Ça a quand même un peu plus de gueule.

bo bun

Pour 5 grands bols :

  • 300 g d’onglet ou de bavette de bœuf
  • 250 g de nouilles de riz moyennes
  • 250 g de carottes
  • 250 g de germes de soja fraîches
  • 5 petits nems (facultatif)
  • quelques feuilles de laitue
  • des cacahuètes grillées
  • de l’oignon frit (facultatif)
  • 2 oignons tiges
  • 1 gros bouquet de menthe
  • 1 gros bouquet de coriandre
  • 1 bocal de sauce pour nems (250 cl)
  • 5 cuillères à soupe de sauce soja
  • 2 cuillères à café de mélange cinq épices
  • 2 cuillères à café de sucre en poudre
  • un peu d’huile neutre

Commencer par faire mariner la viande : dans un bol, mélanger la sauce soja, la poudre de cinq épices et le sucre. Immerger la pièce de bœuf dans ce mélange pendant une heure. Le retourner régulièrement pour que la viande soit bien imprégnée de marinade.

Pendant ce temps, rincer les germes de soja et les feuilles de laitue, peler et râper les carottes. Faire cuire les nouilles 5 minutes, les passer sous l’eau froide, les égoutter soigneusement puis les répartir dans 5 bols. Y ajouter les germes de soja, les carottes râpées et les feuilles de laitue.

Laver et sécher les bouquets de menthe et de coriandre. Les effeuiller. Émincer finement l’oignon tige. Répartir l’oignon et les herbes en quantité généreuse dans les bols.

Sortir la viande de la marinade et l’éponger sur du papier absorbant. Faire chauffer l’huile dans une poêle et saisir le morceau quelques minutes sur les deux faces. Il doit être saignant. Le trancher en fines lamelles et le mettre dans les bols. Faire réchauffer les nems dans un four ou une poêle. Les couper en morceaux et les ajouter au sommet du bo bùn.

Verser la sauce pour nems et saupoudrer chaque bol de cacahuètes hachées (dans un blender) et d’oignons frits. Servir sans attendre, mélanger longuement avant de déguster.

Et en plus, en matière  d’ambiance musicale, le Tigre assure comme une bête.

Risotto aux fanes de radis & aux noisettes

Ces dernières semaines, certain(e)s se sont dévoué(e)s corps et âme à la relance de l’économie : achats de denrées passablement onéreuses en vue d’agapes de fin d’année (la trufficulture c’est de l’agriculture, et l’agriculture va mal, ma bonne dame), d’escarpins à l’utilité quelque peu discutable par grand froid, de moult billets de train et/ou d’avion, parce que c’est moche, mais la récession touche aussi le secteur tertiaire.

Le dommage collatéral immédiat de ce Plan Marshall un poil trop ambitieux, c’est de se retrouver sans un radis à la fin du mois. Les plus prévoyants auront pris soin d’en conserver les fanes et pourront se délecter d’un succulent risotto, crémeux et raffiné. Découvert bancaire ne rime pas forcément avec pommes de terre.

risotto aux fanes de radis et noisettes

Pour 4 personnes :

  • les fanes de 2 bottes de radis bio
  • 250 g de riz rond, si possible de type Arborio ou Carnaroli (mais un bête riz pour dessert fait également très bien l’affaire)
  • 1 litre de bouillon de légumes (maison ou réalisé avec 2 cubes de la marque Rapunzel)
  • 80 g d’échalotes hachées
  • 70 g de noisettes entières
  • 60 g de mascarpone (soit 2 cuillères à soupe)
  • 4 cuillères à soupe de vin blanc
  • 30 g de beurre salé
  • un peu d’huile de noisettes
  • du sel et du poivre

Laver très soigneusement les fanes des radis (elles sont souvent pleines de terre). Les sécher et les hacher à l’aide d’un couteau.Hacher grossièrement les noisettes (à l’aide d’un blender) et les faire griller à sec quelques minutes dans une poêle. Attention, elles ne doivent pas noircir.

Mettre le bouillon à chauffer dans une casserole. Dans une grande poêle ou une sauteuse à fond épais, faire revenir les échalotes dans le beurre, sans coloration. Laisser suer 5 minutes en remuant régulièrement puis ajouter le riz. Mélanger quelques minutes, jusqu’à ce que les grains deviennent légèrement translucides, et verser le vin blanc. Attendre l’évaporation avant d’ajouter environ ¼ du bouillon. Mélanger de temps en temps. Quand le riz a totalement absorbé le bouillon, ajouter la même quantité de bouillon et procéder de même jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’¼ du liquide dans la casserole. Mêler alors les fanes de radis hachées au riz et ajouter peu à peu le reste de bouillon (il faut ajuster la quantité de liquide en fonction de la cuisson du riz : s’il est suffisamment cuit, il ne faut pas ajouter la totalité du bouillon). Mélanger intimement le mascarpone au risotto. Arrêter la cuisson. Saler si nécessaire et poivrer.

Servir immédiatement en répartissant les noisettes torréfiées sur le risotto. Verser quelques gouttes d’huile de noisettes avant de déguster.

Le coût de revient de ce risotto est d’environ 1 euro par personne. Et les 4′54 minutes de détente et de dépaysement bucoliques, c’est cadeau.

Clam chowder

Cette succulente soupe crémeuse au nom, certes, peu évident à prononcer, est  originaire de  Nouvelle-Angleterre comme John Fitzgerald Kennedy, PolaroïdGilette (la perfection au masculin, quand même) ainsi que les prestigieuses universités de Yale, d’Harvard et de Cambridge. Pas étonnant, donc, qu’elle ait naturellement la classe.

clam chowder

Pour 4 personnes en plat unique (6 si c’est une entrée) :

  • 1 kg de palourdes
  • 400 g de pommes de terre à chair ferme
  • 2 branches tendres de céleri, près du cœur ( environ 100 g)
  • 2 oignons
  • 100 g de fines tranches de pancetta
  • 25 cl de crème fluide légère
  • 10 cl de vin blanc
  • 30 g de beurre
  • 1 cuillère à soupe de farine
  • du poivre moulu

Faire tremper les palourdes 1/2 heure dans l’eau froide. Pendant ce temps, éplucher les pommes de terre et les faire cuire à la vapeur ou à l’eau. Elles doivent rester très fermes. Rincer le céleri et le détailler en julienne. Émincer finement les oignons et la pancetta.

Mettre les palourdes dans une sauteuse avec le vin blanc, couvrir et faire ouvrir les coquillages à feu vif (environ 5 minutes). Laisser refroidir et retirer les palourdes de leur coquille. Filtrer et réserver le jus rendu par les coquillages. Hacher grossièrement la chair des palourdes.

Faire revenir les oignons et le céleri dans le beurre. Laisser blondir puis ajouter la pancetta émincée. Laisser cuire à couvert et à feu doux pendant quelques minutes, jusqu’à ce que l’ensemble compote. Ajouter alors la farine en remuant avec une cuillère en bois. Poursuivre la cuisson quelques instants et verser le jus des coquillages et 1/2 litre d’eau.

Couper les pommes de terre cuites en dés et les ajouter dans la sauteuse. Verser la crème et poursuivre la cuisson une dizaine de minutes. Ajouter la chair des palourdes et laisser frémir à feu doux pendant environ 5 minutes. Poivrer. Normalement, il n’est pas nécessaire de saler.

Servir très chaud.

Pour ceux qui auraient la flemme, Campbell’s propose une Clam Chowder (médiocre) en conserve. Encore faut-il la trouver en France.