Salade de nouilles soba et wakame

Roland Barthes explique dans L’empire des signes qu’ “[...] aucun plat japonais n’est pourvu d’un centre (centre alimentaire impliqué chez nous par le rite qui consiste à ordonner le repas, à entourer ou à napper les mets) ; tout y est ornement d’un autre ornement : d’abord parce que sur la table, sur le plateau, la nourriture n’est jamais qu’une collection de fragments, dont aucun n’apparaît privilégié par un ordre d’ingestion : manger n’est pas respecter un menu (un itinéraire de plats), mais prélever, d’une touche légère de la baguette, tantôt une couleur, tantôt une autre, au gré d’une sorte d’inspiration qui apparaît dans sa lenteur comme l’accompagnement détaché, indirect, de la conversation (qui peut être, elle-même, fort silencieuse) [...]“.

Érotiser simultanément la sémiotique et la nourriture japonaise… Il est vraiment trop fort, Roland.

salade de nouilles soba

Pour 1 personne :

  • 100 g de nouilles soba
  • des algues wakamé déshydratées (quelques grammes suffisent)
  • ½ concombre (si possible de variété noa)
  • de la ciboulette (fraîche ou surgelée)
  • 1 cuillère à soupe de sauce soja Kikkoman
  • 1 cuillère à soupe d’huile de sésame
  • 1 pincée de nanami (facultatif)

Faire cuire les nouilles soba dans l’eau bouillante salée entre 5 et 8 minutes. Égoutter et passer sous l’eau froide afin de les rafraîchir. Égoutter de nouveau.

Couper le tronçon de concombre en quatre, dans le sens de la longueur. Ôter les graines et émincer finement chaque morceau. Saler les lamelles de concombre et les laisser dégorger quelques minutes dans une passoire. Rincer et égoutter le concombre.

Réhydrater les algues wakamé dans de l’eau chaude. Il faut se méfier de l’algue wakamé qui, lorsqu’elle est déshydratée, n’a vraiment l’air de rien. En revanche, une fois plongée dans l’eau, elle se déploie et voit son volume tripler. Une sorte de monstroplante, en somme. Égoutter les algues, les passer sous l’eau froide et égoutter de nouveau.

Dans un bol, verser l’huile de sésame et la sauce soja. Y ajouter les nouilles soba. Mélanger soigneusement afin d’enduire les nouilles de sauce. Ajouter les algues et les lamelles de concombre, puis la ciboulette. Assaisonner avec un peu de nanami, ou à défaut, avec une pincée de piment de Cayenne (ou de poivre noir). Mélanger une dernière fois avant de déguster.

Customisation envisageable : des oignons frits, de la chair de crabe, des crevettes, des lamelles de poulet, de la courgette jaune crue râpée, des pois gourmands, des asperges …

Les nouilles soba sont de longues pâtes japonaises au sarrasin. On en trouve dans les épiceries asiatiques et les magasins bio.

Le nanami est un mélange de piment, d’écorce d’orange, de graines de sésame et de gingembre. Subtilement hot, un peu comme Roland Barthes.

Amandines aux fruits rouges, pistaches et chocolat blanc

La cerise et la fraise, ça fait deux. Avec l’amande et la pistache (fruits secs à coque passablement caloriques, mais fruits malgré tout), ça fait quatre. Et si on considère que le chocolat blanc est plus ou moins issu de la fève de cacao (c’est presque un fruit, la fève de cacao, non ?), on arrive pile poil aux cinq fruits par jour recommandés par le Programme National Nutrition Santé. Et voilà !

amandines aux fruits rouges

Pour une douzaine de gâteaux irréprochables d’un point de vue nutritionnel :

  • 100 g de farine
  • 100 g de sucre
  • 100 g de poudre d’amandes
  • 100 g de beurre salé
  • 100 g de pistaches décortiquées non salées
  • 150 g de chocolat blanc spécial pâtisserie
  • 3 œufs
  • 2 cuillères à soupe de crème fraîche
  • des fruits rouges (ici, un reliquat de fraises et de cerises de l’AMAP, mais ça doit merveilleusement fonctionner avec des framboises)

Préchauffer le four à 180 °. Dans un grand bol, mélanger la farine, le sucre et la poudre d’amandes. Ajouter le beurre fondu (le micro-ondes a été inventé dans l’unique but de faire fondre le beurre en un temps record, c’est un fait avéré) et les œufs, un par un, en mélangeant bien entre chaque œuf. Ajouter la crème fraiche et mélanger.

Intégrer le chocolat blanc coupé en morceaux pas trop gros, les pistaches puis les fruits rouges (les fraises, selon leur calibre, peuvent être coupées en morceaux, et les cerises dénoyautées ; cela dépend de la motivation de chacun). Mélanger une dernière fois en veillant à ne pas abîmer les fruits.

Répartir la préparation dans des caissettes en papier Tulipia, ou dans des moules en silicone.  Enfourner et laisser cuire une vingtaine de minutes.

Ces gâteaux sont meilleurs le lendemain.

Soupe aux épinards

La soupe n’est plus franchement de saison. Tout le monde déteste les épinards. Et, cerise sur le pompon, la photo est super moche.

Un peu d’indulgence, c’est la reprise.

soupe aux épinards

Pour 6 bols :

  • 500 g d’épinards frais
  • 400 g de pommes de terre
  • 1 poireau
  • 2 litres de bouillon de légumes
  • du mascarpone ou de la crème fraiche épaisse
  • un peu de noix de muscade
  • du sel
  • du beurre salé
  • des grissini, si possible de facture artisanale

Émincer le poireau. Le faire suer dans une sauteuse avec un peu de beurre salé. Ajouter les pommes de terre épluchées et coupées en dés. Verser le bouillon et porter à ébullition. Laisser cuire une vingtaine de minutes, les pommes de terre doivent être tendres. Ajouter ensuite les épinards lavés et équeutés. Cuire une dizaine de minutes.

Mixer la soupe, saler et assaisonner de noix de muscade.

Servir avec une cuillère de crème ou de mascarpone et des grissini. Le truc avec les grissini, c’est de les casser en petits bouts et de les utiliser comme des croûtons dans la soupe. Sauf que c’est meilleur, et que, phonétiquement, grissini c’est bien plus classe que croûton.

Et pour les amateurs de chanson à texte et de bon goût, voici un bonus de qualité discutable, mais néanmoins réjouissant.